LES MYSTÈRES D'AFLOU (lieu de l'épouvante)

                                          

LES MYSTERES D’AFLOU

Lieux de l'épouvante

 

Moujhaf est le nom d’un endroit qui, étymologiquement, signifie « Palanquin » Ce nom se perd dans le temps, souvent méconnu par beaucoup de gens. C’est un immense territoire, en quelque sorte une steppe, qui sépare le Tel et le sud. Il fut jadis le passage obligé de caravanes venant du sud ou du nord. Cet espace était le paradis des nomades où s’épanouissait une végétation luxuriante mêlant plantes vivaces, médicinales et graminées ornementales, faisant de cette contrée un des plus beaux panoramas du pays. 

C’était par excellence l'endroit de pâture et de transhumance. Après les périodes de sécheresse et de disette et quand la pluie tombe, les nomades des environs, poussent leurs bêtes vers cet endroit que l’eau du ciel a rendu verdoyant.

Autrefois, il fut occupé par une tribu ayant des racines très lointaines. Ces gens qui possédaient d’immenses troupeaux de bétail, vivaient dans la joie et la béatitude. C’étaient des gens pacifiques et hospitaliers, braves et éloquents. La joie et le bonheur d’être libres et autonomes l’emportaient sur les vicissitudes de la vie. Ils étaient de vrais pasteurs et d’excellents cavaliers, orgueilleux et virils, sachant manier les armes comme des guerriers vaillants. Leur distraction favorite : la fantasia et les plaisirs cynégétiques. Il ne se passe pas un seul jour sans que l’odeur du « baroud » ne soit mêlée à celle du « méchoui ».  C’étaient des jours de liesse où les chameaux, portant des pavillons multicolores, parcouraient sans cesse cet espace vital  faisant leur joie et celle de leur famille.

  Paradoxalement, ce qui s'est passé à Moujhaf n'est pas une fiction, c'est une réalité vécue,  racontée par des personnes crédibles (mortes ou vivantes) ayant été témoins oculaires des faits survenus sur ces lieux.

Cette histoire est sérieusement prise en compte pour un projet d'étude écologique et scientifique sur l'occultisme et certains autres phénomènes paranormaux.

J'ai essayé, dans ce récit, de décrire, assez rapidement il est vrai, une partie de ces événements extraordinaires survenus dans ces lieux en remontant jusqu'à l'époque des années 60.

J'ai toujours suivi de très près tous les événements qui concernent Moujhaf, comme j'ai gardé les témoignages recueillis quand j'étais responsable dans une société d'Assurances (SAA). La plupart des faits avaient un lien avec cet endroit, notamment les accidents de la route. Ce lieu-dit m'intéressait au premier chef, puisqu'il se trouve dans notre environnement et que chacun d'entre nous peut y être victime, un jour ou l'autre. « On peut fermer les yeux sur la réalité mais pas sur ses souvenirs »  Citation : Stanislaw Lec

C’est à partir de Hassiène Dhib que commence la traversée de cet endroit cynique. Cette localité a aussi une légende au sujet de son « manoir » qui a un caractère envoûtant. Vous découvrirez cette ancienne habitation datant de l’époque coloniale, à quelques mètres sur la rive gauche en allant à Tiaret. Elle fut transformée en une école quelques années plus tôt.

Cette sinistre bâtisse est, dit-on, hantée par des phénomènes paranormaux. Beaucoup de témoins affirment que d’étranges bruits et apparitions épouvantables se manifestent la nuit un peu partout, dans les classes et la cour. Si aujourd’hui beaucoup témoignent de phénomènes étranges, c’est que cette sinistre bâtisse abritait une caserne de l’armée coloniale où des sévices et des tortures ont été pratiqués à outrance. On a même rapporté que des cadavres ensevelis dans cet endroit ont été exhumés et enterrés dans un autre endroit.  

Enfin, avant que je me sois intéressé à percer le nébuleux et captivant mystère de Moujhaf, il me semble logique de le localiser, mais aussi d'explorer de façon plus approfondie les énigmes propres à cet environnement.

Moujhaf est à 25km environ de Ain Deheb, situé sur l'axe routier Aflou-Tiaret; c'est un immense territoire plat, sans horizon , délimité au sud par la wilaya de Laghouat, à l'ouest par la wilaya de Saida, à l'est par la wilaya de Djelfa et coupé par la route nationale  n°23.

C'est un paysage constitué d'une végétation xérophile, souvent herbacé, et où l'armoise et l'alfa poussent haut et dru.

C'était en quelque sorte une réserve naturelle où subsistaient encore l'antilope et l'autruche. On l’appelait  autrefois le pays de l'outarde, dont beaucoup de gens appréciaient sa chair succulente et ses vertus aphrodisiaques. C'était aussi le pays du lièvre et de la perdrix, prisé par les chasseurs et les braconniers.

Cette étendue steppique a fait la fortune de beaucoup d'éleveurs de bétail. On venait de loin pour la transhumance et la pâture car la pluviosité était déterminante à cet endroit.

Depuis les années 60, les choses ont radicalement changé. Le paysage s'est métamorphosé malheureusement, en un désert aride. La végétation a quasiment disparu. L'alfa, l'armoise et les plantes graminacées ont souvent été étouffées par d'incessantes vagues de sable où il ne reste que le "drinn"

Aujourd'hui, c'est un paysage désolant, constitué de plusieurs couloirs de sable qui longent les bas cotés  de la route. De nombreuses vagues versicolores, viennent sans cesse, du sud comme du nord. Dans les moments de tempête, la route est carrément bloquée. Bref, l'endroit est devenu désertique et lugubre, aucune vie animale n'y est possible, y compris pour les insectes rampants.

La fascination exercée par ces lieux se fonde sur un captivant amalgame de mystère, de menace de forces inconnues, de dangers, de frisson, d'épouvante, d'anxiété, de phobie, bref de peur morbide. Les gens d'autrefois n'avaient pas peur car ils vivaient dans un environnement hostile, semé d'embûches. Ils étaient toujours à la merci des dangers auxquels ils étaient habitués, mais devant l'apparition de phénomènes

paranormaux, c'est autre chose. Il me parait opportun de citer, en pareilles circonstances, ce sentiment d'inquiétude dépeint par Guy de Maupassant. Cet écrivain français a aussi affronté la peur, mais pas la peur d’être tué ou d’être pendu. Cette peur qu’il a tant décriée est la vraie peur, celle inhérente aux apparitions fantastiques et qu’un être humain doit ressentir en toute son épouvantable horreur.

Des aventures épouvantables et des accidents bizarres se sont produits sur ces lieux que seuls les hommes au cœur fort pouvaient affronter.

Durant les années 60, un homme a été témoin d'une aventure sortant de l'ordinaire. Il s'appelait Djaafar, de la tribu des ouled Yagoub. Il y a affronté les pires  moments de son existence. Eleveur et nomade de son état,  il avait l'habitude de traverser des lieux inconnus, au milieu de dangers incessants ou de sillonner des contrées lointaines à la recherche d'endroits cléments pour la pâture de son troupeau. Un jour, le destin a voulu qu'il passe par Moujhaf  et y reste la nuit en compagnie des membres de sa tribu. Il raconte son histoire  hallucinante dans ses moindres détails: "après avoir installé le campement nous nous sommes reposés, un calme absolu régna jusqu'au milieu de la nuit, quand soudain, nous fumes brusquement réveillés par les hurlements des chiens et la débandade du troupeau, certainement effrayés par un bruit insolite. Surpris par cette agitation tumultueuse, je demandai à mon frère et aux autres de m'accompagner pour voir d'où venait ce bruit. Arrivés sur le sommet d'une crête, par une nuit impénétrable, un spectacle fantastique s'offrit à nos yeux.  L’appréhension nous glaça le cœur. Nous distinguions nettement dans les ténèbres des silhouettes luminescentes prises de transes et qui exécutaient une danse macabre. Elles hurlaient et lançaient des cris sourds et déchirants en proférant des menaces. Horrifiés par cette scène hideuse et dangereuse, nous commençâmes à courir pour nous éloigner. Nos genoux fléchissaient et presque paralysés par la frayeur.

 

Persuadés que nous avions peut être profané ces lieux, j'ordonnai à mes accompagnateurs de décamper au plus vite. Depuis mon frère tomba malade et perdit la raison à tout jamais".

« Je n'ai pas d'autre ennemi à craindre que la peur »

Un autre cas pourrait bien être en relation avec le mystère qui entoure Moujhaf. Un ancien camionneur, originaire d'Oran, voyageur impénitent habitué aux longs trajets, empruntait souvent cette route. Un soir, après minuit, il a fait halte dans les lieux précités pour faire ses besoins naturels. Le graisseur qui l'accompagnait, inquiété de son absence, entama illico des recherches pour le trouver, en vain. Ce n'est qu'au lever du jour que son corps fut trouvé, recroquevillé, et dans un état que seule une peur bleue aurait pu provoquer. Il perdit la raison et on ne saura plus jamais ce qui lui est arrivé.

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Des forces obscures semblent être à l'œuvre dans ces lieux. Il s'agit d'un refuge construit du temps de l'époque coloniale. Il a été aménagé en relais par des jeunes pour en faire usage de fast-food et vente de boissons pour les voyageurs noctambules. Depuis son occupation, des bruits étranges s’y font entendre. Des bruits inattendus qui font tressaillir jusqu'au cœur.

Après quelques mois, leur projet n'a pas encore été achevé qu'ils évacuèrent précipitamment les lieux. La bâtisse pourtant solide s'est totalement effondrée. Aucune trace n'est visible des ruines qui ont été mystérieusement ensevelies par le sable. Il n’y a pas l’ombre d'un doute. Il existait  à cet endroit un édifice qui a bel et bien disparu sans qu’on sache exactement pourquoi. Il faut dire que ces phénomènes ne sont pas aussi sporadiques qu'on pourrait le supposer, ils sont au contraire assez courants.

Un grand camion transportant des bouteilles de boissons et qui roulait à une vitesse réduite étant donné son chargement, est entré en collision  avec un autre véhicule venant en sens inverse. La route était très bonne  et la visibilité très claire. Il y eut plusieurs morts. Peu de temps après, un taxieur dérapa dans des conditions mystérieuses. Il mourut sur le coup.

Un autre chauffeur accompagné de deux personnes trouvèrent la mort dans un dérapage curieux. Son véhicule alla capoter dans un terrain vague. Quelques jours plus tard, un autre véhicule quitta mystérieusement la route et fit plusieurs tonneaux avant de s'immobiliser sur le bas coté de la route. Deux mois plus tard, un grand camion semi-remorque transportant de la marchandise dérapa sans causes apparentes. Il se renversa sur le bas-côté de la route, causant des dégâts considérables. Le chauffeur qui en sortit miraculeusement indemne dans des circonstances aussi tragiques que mystérieuses, déclara avoir été ébloui par un étrange brouillard luminescent.

La plupart de ces accidents ont eu lieu par beau temps et sur les lieux de Moujhaf. Le constat établi par les services compétents n'a révélé cependant aucune anomalie sur l'état de la route. Elle était qualifiée d'ailleurs de très bonne, malheureusement, elle est le théâtre de plusieurs morts mystérieuses.  Personne n'est en mesure de dire ce qui a provoqué autant d'accidents. Tous ces véhicules se trouvaient dans une situation pour le moins désagréable. Logiquement « tout accident à une cause, défaillance humaine ou technique » et les facteurs humains sont déterminants : sommeil, vitesse, alcool etc. Là, le paradoxe est à son comble car la victime ou le véhicule se trouvait au mauvais endroit et dans des circonstances non élucidées.

Une autre histoire hallucinante révélée au public commença en 1986. C’est avec cette histoire que naît la légende de Moudjhaf. Elle fut racontée par un homme crédible, témoin oculaire d'une aventure extraordinaire. C'était un habitué de la route car il rendait souvent visite à ses beaux parents qui habitaient Sougueur.

Un soir, au clair de lune d'une belle nuit d'été, calme et sereine tant la circulation était réduite, il arriva à proximité de Moujhaf. Il fut soudainement envahi par un étrange sentiment d'angoisse. Il aperçut un

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curieux brouillard. Essayant de mieux distinguer le phénomène, un frisson s'empara de lui et de sa famille qui l'accompagnait. Sur la route, il croisa une horde de chiens qui, sans être effrayés  ni inquiétés par les avertisseurs sonores et lumineux, traversèrent la chaussée  dans une poussière scintillante et s’évanouirent comme s’ils n’avaient jamais existé. Il ne dut son salut qu'en accélérant désespérément, presque jusqu'à perdre le contrôle de son véhicule. Ce phénomène a créé toutes sortes de légendes à propos de chiens errants qui hanteraient ce lieu désolant.

Le syndrome de Moujhaf le rendit désormais témoin d'une aventure extravagante et le traumatisa à tout jamais. La nouvelle de cet accident tomba tel un couperet et se propagea comme une traînée de poudre.

           Ces histoires troublantes suscitent l’ironie ou parfois l’inquiétude de beaucoup de gens. Depuis lors, les langues commencent à se délier et chacun raconte spontanément son histoire.

Une autre affaire, aussi déconcertante, commença dans les premiers jours du mois de septembre 1986, lorsqu' un chauffeur quinquagénaire, originaire de Tiaret, fut aussi victime d’un accident fantastique.  Le moindre détail lui resta en mémoire. Il eut la désagréable surprise de rencontrer un phénomène qu'il n'avait jamais vu auparavant. Il raconta son histoire hallucinante à des témoins présents sur les lieux de Moujhaf. Il se trouva inévitablement face à un chien étrange, qui traversait la route. Par miracle le choc n'eut pas lieu: c'était un corps immatériel. En freinant brusquement, le véhicule effectua un virage à 180 degrés et alla s'immobiliser sur le bas-côté de la route. Le fait qu'il fut un chauffeur expérimenté et qu'il connaissait la région lui  sauva la vie. Le chien fantôme s'immobilisa un moment puis s'évanouit dans le néant. Ce qui est sur, c'est qu'il n'existe aucune vie apparente dans ces lieux. Les caprices de la nature produisent parfois des animaux, notamment des chiens aux formes fantastiques…

           Un commerçant originaire de Tiaret qui fréquentait habituellement le marché d'Aflou, raconta qu’un samedi soir aux environs de 22heures, il aperçut une lueur blanche. Lorsqu'il parvint à mieux distinguer le phénomène, il remarqua qu'il s'agissait d'un brouillard luminescent qui se déplaça très rapidement de l'autre côté de la route, sans laisser de trace.

Un autre témoin, préférant garder l'anonymat de peur du ridicule fut lui aussi victime d'un phénomène insolite. Il raconta qu'un peu avant minuit, en allant sur Tiaret, il distingua sur le bas-côté de la route une lumière blanche qui filtrait à travers les touffes d'alfa. Sans prendre le temps de réfléchir, il se dirigea vers elle pour voir de quoi il s'agissait car il était impossible que ce fut un véhicule, l'endroit étant inaccessible. La lumière lui semblait trop forte. Il s'en rapprocha lentement jusqu'à une certaine distance. Il essaya  de bien voir, mais il ne distinguait pas trop la forme à cause de la lumière irradiée qui l'entourait. Finalement, gagné par l’inquiétude, il se décida à quitter promptement les lieux.

La dernière chose dont il ait pu se souvenir sont des cris sourds et lugubres, semblables à ceux entendus par Djaafar et son frère, lors du mystérieux phénomène qui les  avait frappés. Il aurait été possible de mettre cette tragédie sur le compte de Moujhaf.

           Un autre accident grave demeura obscur: un homme originaire de Sougueur, en roulant la nuit, vit l'apparition soudaine de brouillards luminescents, rendant la visibilité nulle et s'accompagnant de défaillances mécaniques. Le lendemain, au lever du soleil, la gigantesque manifestation se dissipa sans laisser la moindre trace de son passage. Fait curieux, beaucoup ont décrit les lieux au moment de l'incident, désertés de toute vie, sans oiseaux ni insectes, pourtant habituellement bien présents. Tout cela prend alors des dimensions étonnantes, met en ébullition les imaginations les plus fertiles. Mais, ce qui est le plus effarant, c’est qu’une aventure semblable arriva à un habitué du marché d'Aflou, assuré à notre agence. Il raconta son histoire sans le moindre ridicule.

Un jour, alors que le temps était calme, clair, sans la moindre brise, "un brouillard incroyable surgit tout à coup du néant" et se  rua à l'assaut de la voiture. Cette dernière s'immobilisa sur le bas-côté de la route pendant des heures jusqu'à que le calme fut revenu. Il s'aperçut que la voiture avait été endommagée par ce brouillard aussi étrange qu'inattendu.

Un incident mystérieux eut encore lieu, sans que quiconque eut pu en établir la nature. Un homme, aujourd'hui décédé, mais néanmoins bien connu à Aflou, raconta que dans la nuit du 20 avril 1987, il vécut une  expérience  extraordinaire. Il rentrait chez lui en compagnie d'un parent et roulait à environ 100 km heure, vers une heure du matin. Il n'y avait aucune autre voiture. Quand soudain, un brouillard luminescent les enveloppa pour se dissiper ensuite dans le néant, aussi vite qu'il était apparu. Il était ébloui par ce phénomène, et perdit le contrôle de son véhicule dont le moteur se mit à avoir des ratés, il le fit s'arrêter sur le bas coté de la route. La personne qui l’accompagnait s'enfuit en poussant des cris de frayeur. Seule une peur poussée au paroxysme et frisant la démence aurait pu provoquer un tel comportement. Cette route serait hantée par des esprits tourmentés qui égarent les personnes imprudentes.

D’autres phénomènes mystérieux défraient la chronique; après les accidents dramatiques de la route, les brouillards hallucinants et les chiens errants, c'est maintenant au tour de mystérieux voyageurs qui hantent ces lieux.

           L'histoire la plus inimaginable qui puisse être racontée est celle de  si Lahcen L. ancien chauffeur à la commune d'Aflou. C'était un vétéran de la route. Son précieux témoignage vint, à l'époque, étayer mon enquête.  Il raconta qu'un jour sur la route de Moujhaf, il se trouvait tout seul dans la cabine du camion qu'il conduisait. Il eut la désagréable surprise de se trouver en compagnie d'un homme particulièrement  étrange. Un nomade de la région, au tempérament nonchalant et ingénu.  Tout à coup le mystérieux personnage  s'évapora dans le néant.

 Réagissant avec courage, si Lahcen garda son sang-froid et surtout la maîtrise du camion. Il  échappa belle en évitant une aventure susceptible de le rendre fou.

Une autre aventure hallucinante, semblable à celle racontée par si Lahcen L., arriva à un  propriétaire terrien, notoirement connu des environs de Sougueur. Ce dernier se rendait à Hassiène Dhib, sous une pluie battante lorsque, sur le bord de la route, il vit un homme qui lui faisait signe d’arrêter; ce qu’il fit.

Arrivé à proximité de Moujhaf, le chauffeur se tourna vers le passager pour lui demander où s'arrêter. Il découvrit avec stupéfaction un siège vide! Ces manifestations sont fréquentes et se répètent aux mêmes endroits.

Il semblerait que ce lieu ait connu un voyageur particulier qui s’en remettait ainsi au bon vouloir des automobilistes qui le croisaient. Une fois monté, l’étrange voyageur disparaissait sans que le véhicule ne fût arrêté. Tous les témoignages sont concordants.

De telles aventures étaient déjà arrivées aux cars qui faisaient respectivement la navette Aflou-Tiaret et Sidi bel Abès-Ghardaia. Quelques voyageurs seulement racontaient qu’ils avaient été témoins visuels de la personne étrange qui faisait du stop et qui disparaissait soudainement. Beaucoup, préférant ne rien dire pour ne pas tomber dans le ridicule.

            Il est évident que Moujhaf recèle des mystères inexplicables, inconcevables pour nos imaginations. Il serait aussi possible d'avancer que d'autres victimes de Moujhaf pourraient être, en fait, entrées dans une autre dimension.

            Ce phénomène qui provoque de tels événements et accidents, peut se produire, n'importe quand et n'importe qui peut en être victime. Le problème n'est toujours pas résolu car d'autres phénomènes aussi inexplicables continuent à se dérouler à cet endroit.

 « Le fait qu’un phénomène dépasse les explications rationnelles et outrepasse nos conceptions de la réalité ne devrait pas nous permettre d’ignorer son existence ou nous empêcher d’explorer ses dimensions et sa signification ». (Citation de John E. Mack)

A la suite de mon enquête personnelle, beaucoup de gens ont admis avoir été témoins de tels phénomènes, mais ils n'en ont rien dit du fait que l'incident ne les concernait en rien. La raison de ce mutisme était aussi due à la crainte du ridicule, ou peut-être  à une tendance superstitieuse, les amenant à redouter d'en parler. En ma qualité de responsable d'une agence d'assurances et vu la prolifération de tels accidents, j'ai demandé à l'époque des éclaircissements aux services compétents sachant que la route était qualifiée de très bonne et que la visibilité était très claire.

Qui était à l'origine de tels accidents si bizarres? Les services compétents connaissaient très bien leur métier, et se sont abstenus jusque-là de tout commentaire de crainte de paraître ridicules. Le mutisme absolu

dans lequel ils se sont enfermés ne fait que rendre ces événements plus mystérieux. Parfois, ils s'exprimaient  succinctement en déclarant : "Nous n'avons aucune idée de ce qui se passe dans ce lieu" ou bien  ils qualifiaient le prétendu mystère de Moujhaf de <<sottise>>. Il leur arrive aussi d'évoquer le mauvais temps pour expliquer l'origine de ces accidents. Toutefois mes demandes de renseignements me font croire qu’on tenait volontairement l’opinion publique dans l’ignorance.

           Les hypothèses sont nombreuses dans ce genre d'affaires mystérieuses. Aucun de ces accidents n'a été porté à la connaissance du public, mais les familles des victimes veulent savoir et sont en droit d'exiger des éclaircissements, une vérité même approximative.

Décidément, il faut bien croire que tout ce qui a trait à des manifestations irrationnelles et non élucidées, est l'objet de réticences suspectes de la part des autorités.

           Légalement, tout accident matériel ou corporel fait l'objet d'une enquête. Une copie du PV de constat est adressée pour information à l'agence concernée dès que l'un des assurés est impliqué dans un accident.

Beaucoup de ces PV sont vidés de leur consistance scientifique et les causes classiques d’accident sont souvent répétées :   Conduisait en état d'ébriété, …Imprudence,…  Insolation, ….A brusquement manœuvré  pour éviter un nid de poule, ….Fatigue,…Visibilité nulle  etc.

Dans certains cas, ces services avaient envoyé des rapports à la hiérarchie supérieure, mais celle-ci les avaient ignorés, ou simplement  <<classés>>.D’après eux, 60% des témoignages qu’ils ont reçu peuvent être considérés comme dignes de foi, mais les autres sont beaucoup plus sujets à caution et certains peu probables.

J'ai toujours su qu'il existe des phénomènes étranges à Moujhaf. Mais on n’a jamais découvert de quoi il s'agissait exactement. Aucune raison matérielle ou logique ne semble pouvoir être avancée.

            Quoi qu'il en soit, plusieurs personnes conclurent qu'il s'agissait de canulars. On parla de mauvais plaisants ou d’hallucinations, il n'en reste pas moins que ces apparitions mystérieuses se produisent toujours aux mêmes endroits.  D'autres parlèrent <<d'esprits malfaisants>> et versèrent dans la superstition. Quelques unes émirent l'hypothèse d'une aberration naturelle, atmosphérique ou autre. On imagine mal l'apparition de chiens dans un endroit pareil, désertique et où toute vie semble quasiment impossible.

Les gens que j'ai consultés à Aflou, Ain Deheb et Sougueur, témoins de phénomènes paranormaux, découvrirent que la majorité des événements entrés dans la légende, avait eu lieu à cet endroit, probablement causés par des forces obscures, jusqu'ici non élucidées.

Il fallut attendre le mois de juin 1988 où un événement fantastique se produisit. Il eut un retentissement immense et provoqua des réactions  prudentes de la part des usagers qui fréquentaient habituellement cette route hantée par des forces démoniaques. Elle est l'unique itinéraire, sans moyens de  contourner, ce lieu maudit.

Beaucoup de commerçants ambulants, originaires de Tiaret ou de ses environs, se rendaient souvent au marché d'Aflou et étaient plus avisés de ce qui se passait à Moujhaf. Le souvenir des accidents bizarres et des apparitions mystérieuses les motivait sans doute mais en même temps les rendait moins loquaces.

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Analyses.

 

 Des dizaines de témoignages, ressemblant à ceux que j'ai rapporté dans ces lignes à propos de phénomènes identiques, je n'ai en ma connaissance que les cas les plus marquants.

Autrefois, on n'accordait aucune importance à ces faits, préférant les faire entrer dans le cadre des légendes populaires.

Djaafar et son frère sont des témoins  avérés. Ils apportent dans leur terrifiante aventure la preuve formelle  que des gens d'un monde invisible existent effectivement dans ces lieux.

Djaafar et son frère sont considérés comme des témoins privilégiés de notre époque à qui il a été donné de voir de près le phénomène que l'on appelle désormais le syndrome de Moujhaf.  Djaafar a affronté la pire nuit de son existence  Son frère qui l’accompagnait, mourut quelques mois plus tard dans un état de folie.

           Parmi les réactions animales, notez que les animaux, ici chevaux et autres, ont réagi avant que l'homme ait ressenti la moindre impression. Les chevaux, bêtes très sensibles devant un danger extraordinaire, se mettent à hennir fébrilement, à s'agiter et à lancer des ruades.

           Les chiens, qui poussaient des cris de frayeur et hurlèrent à la mort, avaient donc perçu une présence insolite bien avant que le sens de leur vue ait été sollicité, or on sait que les chiens perçoivent ce que nous appelons des ultrasons.

Les moutons furent effrayés, paniqués et tentèrent de s'échapper de leur enclos.

Cette peur irrépressible, manifestée par les animaux qui poussèrent de lugubres hurlements,  peut donc constituer une preuve selon laquelle le phénomène de Moujhaf, un lieu qui n’a pas son pareil au monde, tombe dans la catégorie de l'hostile de l'intrinsèquement mauvais, c'est-à-dire des Djinn, (esprits malfaisants).

           Une théorie tout à fait acceptable, serait la présence de ces brouillards phosphorescents qui dégagent une odeur nauséabonde, trait caractéristique des diables.

Ce phénomène fréquemment remarqué par les victimes et les témoins à l'odeur semblable au soufre qui, comme tout le monde le sait, est cher à Satan.

           Les animaux, c'est un fait acquis, possèdent un sens étrange qui leur permet de pressentir les dangers fantastiques.

 En général, le démon est un être surnaturel, esprit capable d’influencer l’existence humaine, généralement de façon maléfique. Le démon est présent, sous des formes diverses

 Un philosophe du 5ème siècle, a divisé les démons en cinq catégories. Au 11ème siècle, PSELIUS ajouta une sixième catégorie consacrée aux animaux fantômes. Cette dernière  m’intéresse en premier lieu car certains témoignages font état de fantômes de chiens En fait, au travers de tous les témoignages existants, on se rend compte que les fantômes sont tout à fait inoffensifs et variés et s’évanouissent dans la nature.

Le camionneur originaire d'Oran, était un chauffeur expérimenté, forgé par la nature et connaissait parfaitement la région. Il a connu tous les aléas durant ses déplacements. Pourquoi après Moujhaf, a-t-il fini ses jours dans un hôpital psychiatrique ?

           Le graisseur qui l'accompagnait, présumé coupable, a été disculpé à la suite d'une enquête  sachant que le chauffeur ne présentait aucune lésion corporelle.

Le refuge, construit du temps de l'époque coloniale avant d’être occupé par ces jeunes, et où se passaient des choses bizarres, a été mystérieusement enseveli par le sable lors d'extraordinaires manifestations de créatures d'un monde parallèle. C'est un fait évident et personne ne pourrait le nier ou dire le contraire.

           La sécheresse dramatique et la désertification ont fait de cet endroit un lieu de relève pour des gens d'un autre monde. Personnellement j'y crois, sinon comment expliquer ce qui est arrivé à ce refuge?  Il doit bien y avoir une raison. Ces faits sont tout à fait réels et d'une telle complexité qu'il ne vient à l'esprit de personne de nier que cet endroit particulier est vraiment un endroit hors du commun.

            Il n’en reste pas moins que, de mars 1982 jusqu’au mois de juin 1988, il existe une liste d’environ une trentaine d’accidents matériels et corporels dont 19 enregistrés dans notre agence, sans tenir compte des autres phénomènes que j’ai décrits précédemment.

La route de Moujhaf, théâtre de plusieurs accidents mystérieux, est l’itinéraire le plus court et le plus désertique. Plusieurs personnes ont trouvé la mort. Certains parlent de phénomènes étranges – trous noirs, somnolences subites… - qu’ils auraient tous ressentis au même endroit.  Ce tronçon est pourtant une parfaite ligne droite, aux bords dégagés où il n’existe ni pentes, ni éminences, ni virage dangereux. Il se trouve à environ 25 km entre deux agglomérations (Hassiène-Dhib et Ain-Déheb) dans un territoire parsemé d'alfa et d’armoise. Il n’existe pas d’obstacles apparents, la visibilité est très claire, de jour comme de nuit. Les bornes kilométriques qui marquent cette route rectiligne et monotone existent depuis le temps de l’époque coloniale sont encore apparentes sur ce trajet. En cas d’accident, surtout nocturne, l’usager n’a aucunement la chance de signaler son cas, car il n’existe pratiquement aucun poste de secours. Il faut avoir le cœur solide pour rester seul dans ces lieux. Son seul salut c’est de se rendre à pied à la zone urbaine la plus proche. 

 

           La question inévitable cherche à déterminer si ces accidents bizarres ont un rapport quelconque avec les phénomènes de Moujhaf ou il s'agit simplement d’accidents ordinaires.

Je ne me lancerai pas dans une longue série d’hypothèses trop hasardeuses à ma démarche, les résultats de l’enquête sont secrets et je ne dispose pas de suffisamment d’éléments pour pouvoir émettre un jugement sur ce sujet précis.

Tous ces accidents ont eu lieu par beau temps et la route étant très bonne, on peut avancer l’hypothèse que l’éblouissement et fréquemment l’absence d’horizon sont propices aux mirages et autres distorsions de la vision. C’est vrai que Moujhaf est un pays plat sans reliefs. Les phénomènes qui apparaissent sont souvent nocturnes et on peut avancer aussi que l’acuité visuelle de l’homme est réduite au tiers de ce qu’elle est durant le jour. Mais le problème que je n’arrive pas à résoudre rationnellement ce sont ces brouillards inhabituels et phosphorescents qui apparaissent soudainement sur la route et qui ont fait l’objet de plusieurs témoignages concordants émis par des personnes crédibles et dignes de foi. Le brouillard est un phénomène banal qu’on connaisse depuis les époques les plus reculées. Il crée des problèmes à la circulation, mais il n’a pas souvent des conséquences graves. Habituellement, il ne se produit que rarement et seulement pendant l’hiver.

  Ces brouillards qui se manifestent sporadiquement à cet endroit semblent parfois être à l’origine de ces accidents, mais le plus curieux ce sont ces brouillards luminescents, dirigés probablement par des entités, ces êtres étranges non encore identifiés et qui apparaissent soudainement sur la route et qui ont causé la mort à la fois tragique et insolite de plusieurs personnes.

Le phénomène de blancheur, rendant la visibilité nulle et l’accident inévitable, est aussi décrit comme « une étrange vapeur sulfureuse, brûlant et écoeurant tous ceux qui l’approchèrent assez pour le respirer »

En ce qui concerne les chiens qui traversent la route laissant derrière eux une poussière scintillante, c'est une autre histoire et on est enclin à se demander si ces manifestations ne seraient pas des « Djinns », autrement dit des esprits maléfiques, souvent invisibles, mais se manifestant aussi sous des formes animales dotées du pouvoir d’ubiquité.

L’histoire extraordinaire, hallucinante, inconcevable est celle de voyageurs fantomatiques  qui font du stop au bord de la route, particulièrement sur les lieux de Moujhaf et qui subitement s’évanouissent dans le néant. Est-ce une raison de la raconter ? Oui. Ces apparitions se manifestent souvent dans les endroits fatidiques où un accident mortel s’est produit. N’est-il pas dit que tout lieu où le sang a coulé est hanté ? Les choses de ce genre ne viennent pas sans cause. On dit souvent que les âmes reviennent tourmenter les lieux où elles ont souffert.

           Cette liste est certainement incomplète, mais elle donne une faible idée d’événements dont la réalité ne peut faire de doute et doit correspondre à « quelque chose ». Ces apparitions en série sont probablement l’illustration d’un phénomène paranormal, inconnu et redoutable.

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    La loi, en ce domaine, impose qu’une enquête soit ouverte sous la responsabilité des pouvoirs publics. Après chaque incident, classé hors circulation, les familles des victimes n'auraient-elles donc pas le droit de savoir? Malheureusement de nombreux cas bizarres demeurent inexpliqués et une étrange loi du silence règne toujours.

On constate donc que les pouvoirs publics se retranchent derrière des articles de loi rétrogrades, spécialement conçus, semble-t-il, pour ce genre de situations équivoques.

De mémoire d'homme, cet endroit était réputé pour la chasse et était aussi un lieu de prédilection où les oiseaux migrateurs venaient s’acclimater. On y trouvait toutes variétés d'oiseaux allant jusqu'à l'autruche qui y subsistait encore il y a quelques décennies.

Fait curieux, depuis les années 60 ces oiseaux contournaient Moujhaf qu'ils évitaient et continuaient leur route vers le sud.

Leur comportement semblait inexplicable car il n'existe pas de prédateurs dans la région. Quel pouvait bien être le motif de ce brusque changement de direction? Les corbeaux, habituellement présents dans la région, étaient les premiers êtres vivants à quitter ces lieux.

Dans ce domaine les animaux et les oiseaux, qui ne raisonnent pas, semblent plus intelligents que les êtres humains; lorsqu'ils sentent un danger, ils préfèrent faire un détour alors que les hommes sont au contraire attirés par l'inconnu.

Depuis que j’ai quitté mes fonctions en 1988, j’ai continué à m’intéresser indirectement à cette affaire qui m’avait tant intrigué et que, par peur du ridicule, j’avais abandonnée. J’ai essayé néanmoins toujours de me tenir au courant de ce qui se passait dans ces lieux.

           Il fallait se rendre à l’évidence: il se passait une série, je dis bien une série de phénomènes inexplicables par la loi de la physique, mais en l’absence de preuves scientifiques, mon histoire ne tient pas debout et ne m’attira que des moqueries continuelles.

            Les personnes les plus âgées  que j’ai consultées à l’époque au sujet de ces phénomènes survenus à Moujhaf, affirmèrent que jamais rien de tel ne s’était produit dans le passé.

           Les témoins qui sont restés encore vivants ont vieilli. Les histoires de fantôme ne hantent plus leur esprit et ce qui les préoccupe c’est leurs soucis quotidiens. Toutefois leur témoignage n’est pas scientifiquement admis ou pris en considération.

Je suggère, pour conclure, la prudence et la vigilance et ne souhaiterai à personne de s’aventurer surtout la nuit ou de tomber en panne dans ces lieux. De nos jours, la mode veut que l’on ne croie pas ce    genre de choses, ou plutôt on préfère croire que de telles choses n’arrivent pas. Je ne voudrais pas non plus qu’on vienne me dire : vous avez raison !

         L. Djelloul  03 AFLOU 

Commentaires (1)

1. BENSHILA 11/11/2016

salam
Merci pour vos tres interessantes histoires.Je me pose aussi la question de ces phenomenes surtout lorsqu ils emanent de personnes dignes de foi.J' ai " chassé" aussi le trésor et,malgré les signes évidents(muets,c'est à dire rien du tout) d'un appareil fabriqué en Californie,les gens continuaient à y croire.Les phantasmes,les rèves surtout ne sont pas pres de s'eteindre!!!!
Mais c'est cela qui fait la richesse de notre patrimoine.Au plaisir de vous lire.A.E.K

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