LES CICATRICES DU PASSE

 

                        LES CICATRICES DU PASSE  

                                                  « Les morts ne meurent pas quand ils descendent dans la tombe, mais bien quand ils descendent dans l’oubli »   Henri AUC

Hélas ! Personne, à l’instar des autres régions, n’a eu l’idée ni l’initiative d’écrire ou de rassembler ce qui reste de la mémoire de nos chouhada et de nos moudjahidine. En tant qu’amateur d’histoire, l’idée a germé en moi à rassembler certaines informations, documents  et photographies  exposés dans  ce site afin que les générations actuelles et futures sachent que le salut de notre existence, de notre religion et de  notre identité  berbéro arabo-musulmane  revient   grâce à ces valeureux hommes qui ont combattu avec courage et acharnement pour libérer notre pays du joug colonial.

Il me parait opportun de remonter un peu dans le temps pour comprendre brièvement comment s’est développé le concept de la colonisation et ses motivations

Depuis la guerre des croisés, la France coloniale n’a pas cessé de distiller sa haine à l’égard  des musulmans  et des arabes. Elle avait pour objectif l’anéantissement de l’islam. La France coloniale participait intensément aux réunions et conférences occultes qui donnent lieu au partage de l’Afrique par les empires coloniaux européens. Il eut même une convention secrète entre la France et le Royaume-Uni délimitant les zones d’influence en Afrique du nord. La France avait des ambitions machiavéliques bien déterminées : Son  but était de conquérir le pays et de s’accaparer de ses richesses.

 

 

L’Algérie était un pays paisible,  un état indépendant et souverain,  doté d’un gouvernement et d’une administration   composée de quatre  provinces :   Dey d’Alger, Beylicat du Titteri , Beylicat d’Oran et de Constantine. L’état algérien avait des limites territoriales bien définies, d’une armée régulière et d’une flotte maritime importante considérée comme la plus puissante de la Méditerranée centrale. L’Algérie avait ses propres ambassadeurs et était le premier pays à reconnaitre l’indépendance des Etats-Unis.  Ce pays payait plus de la moitié de son budget à la régence d’Alger pour sauvegarder le passage de ses navires en Méditerranée. L’Algérie recélait des richesses considérables et de matières premières et possédait une économie florissante et diversifiée. Elle exportait, entre autres,  de l’huile d’olive et du blé à toute l’Europe.

 C’est l’affaire de blé fourni en grande quantité à la France qui n’a pas honoré les délais du paiement de sa dette a mis en colère le Bey d’Alger à souffleter avec son éventail  l’insolent  consul de France accrédité dans notre pays le 30 avril 1827.

La dette était évaluée à plusieurs millions de pièces d'or de l'époque. Cette dette qui n'a pas été restituée à ce jour ne représente qu'une partie infime des avoirs, sous forme d'argent et de biens précieux, détournés au lendemain de l'invasion de l'Algérie.

 

 

 

 

 

 

C’est ce fameux coup d’éventail qui a servi de prétexte à la France qui déclara la guerre à l’Algérie pour laver l’affront. La marine française dépêcha alors promptement plusieurs bâtiments de guerre au large des cotes algériennes.

 

 

 

Cette expédition punitive a été menée par la force et la terreur.  En débarquant à Alger, les français chassèrent aussitôt  les Turcs et se livrèrent au pillage, au massacre, à la torture et à l’extermination,                                              «  L’idée de l’extermination eut longtemps cours en Afrique du nord"

Général de Lamoricière  (1858)

 mais beaucoup de notables et de chefs locaux prirent les armes parce qu’ils n’acceptaient pas cette incursion chrétienne en terre d’islam. En effet, leur invasion était devenue  un danger existentiel permanent pour  notre croyance religieuse et nos valeurs  civilisationnelles.  

Les forces d’occupation se livrèrent à une guerre cruelle et impitoyable  en voulant  exterminer  tout un peuple par des moyens atroces et barbares en empoisonnant les puits et les sources ainsi que la destruction systématique des cultures : moisson, arbres fruitiers etc. La guerre que nous allons faire n'est plus une guerre à coups de fusil. C'est en enlevant aux Arabes les ressources que le sol leur procure, que nous pourrons en finir avec eux.

                               Lettres d'un soldat, neuf années de campagnes en Afrique, Lucien de Montagnac, éd. Plon, 1885, p. 158

. Des tribus entières arabes et berbères, même le bétail n’a pas été épargné, furent asphyxiés dans des grottes par des enfumades.

 Fumez les à outrance, comme des renards ( Deligny,Pélissier, Beaupretre, Bugeaud, voilà autant de noms de sinistre mémoire

 Tous les moyens les plus brutaux ont été utilisés, comme en fait  foi ces témoignages  hallucinants  laissés désormais comme un sinistre souvenir par les auteurs mêmes des crimes horribles et abjects commis au nom de leur « civilisation »

 «  Toutes les populations qui n'acceptent pas nos conditions doivent être rasées. Tout doit être pris, saccagé, sans distinction d'âge ni de sexe: l'herbe ne doit plus pousser où l'armée française a mis le pied [...]. Voilà comment il faut faire la guerre aux Arabes: tuer tous les hommes jusqu'à l'âge de quinze ans, prendre toutes les femmes et les enfants, en charger les bâtiments, les envoyer aux îles Marquises ou ailleurs. En un mot, anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens. » Lieutenant-colonel Lucien-François de Montagnac

                                « Ce n’est qu’en le terrifiant, que ce peuple fier et pouilleux nous sera soumis » avait cyniquement déclaré le sulfureux colonel Négrier, qui a profané le tombeau de sidi Cheikh.

La France se trouve vis-à-vis des Arabes d'Algérie dans une situation dont elle ne peut sortir que par deux issues : la conversion des musulmans ou l'extermination plus ou moins lente de la race indigène. La fusion pacifique des musulmans et des chrétiens n'est qu'un rêve irréalisable.

                                Le Correspondant, Le Correspondant, éd. Sagnier et Bray, 1851, t. 28, p. 114

Vive Lamoricière ! Voilà ce qui s’appelle mener la chasse avec intelligence et bonheur ! ... Ce jeune général qu’aucune difficulté n’arrête, qui franchit les espaces en un rien de temps, va dénicher les Arabes dans leurs repaires, à vingt-cinq lieues à la ronde, leur prend tout ce qu’ils possèdent : femmes, enfants, troupeaux, bestiaux...

                                Lettres d'un soldat, neuf années de campagnes en Afrique, Lucien de Montagnac, éd. Plon, 1885, Lettre du 1er février 1841, p. 141

J’espère qu’après votre heureuse razzia le temps, quoique souvent mauvais, vous aura permis de pousser en avant et de tomber sur ces populations que vous avez si souvent mises en fuite et que vous finirez par détruire, sinon par la force du moins par la famine et les autres misères.

                                      Maréchal Bugeaud, 24 janvier 1843, dans Un rêve algérien, paru Dagorno, 1994, p.19, Jean-Luc Einaudi.

 En vertu des instructions du général en chef de Rovigo, un corps de troupe sorti d’Alger, pendant la nuit du 6 avril 1832, surprit au point du jours la tribu endormie sous ses tentes, et égorgea tous les malheureux El-Ouffia sans qu’un seul chercha même à se défendre. Tout ce qui vivait fut voué à la mort ; on ne fit aucune distinction d’âge ni de sexe. Au retour de cette honteuse expédition, nos cavaliers portaient des têtes au bout des lances.

                               L'Afrique française, Pierre Christian, éd. A. Barbier, 1846, p. 143

Le comportement inhumain et barbare de la politique coloniale  basée sur l’extermination, la répression, la vilenie, l’inégalité et l’injustice avait engendré une réaction très violente de la part de tout un peuple.  Parmi ses enfants les plus nobles se trouve l’émir Abdelkader, apôtre de la résistance et chevalier de la foi, à peine âgé de 24 ans s’impose  comme chef de la résistance. Malgré les obstacles et les stratagèmes son combat contre l’envahisseur  perdura durant seize longues années. D’autres figures ont continué à porter haut le flambeau de la résistance Fatma N’soumer,  une femme audacieuse et téméraire qui défia les généraux du second empire. D’autres hommes ayant marqué l’histoire de l’Algérie : ElMokrani, ElHaddad, les ouled sidi Cheikh,  Bouamama, Bouchoucha, Nacer benChohra pour n’en citer que quelques-uns, connus ou moins connus.

 

 

 

 Ce serait un grand plaisir et un honneur pour moi  d’évoquer certains  faits marquants de la guerre d’Algérie au niveau local :

De BOUCHOUCHA, héros historique du djebel Aamour au dernier martyr : TIFFOURI, froidement assassiné par les militaires français, au dernier jour du cessez-le-feu.

BOUCHOUCHA, c’est un grand héros, il n’en naitra plus des hommes comme lui. Il est   né à El-guicha en 1826. De son vrai nom : Mohammed ben Toumi BRAHIM, issu d’une famille noble, aux mœurs irréprochables.

Dès son jeune âge, il apprit parfaitement le saint Coran et continua ses études théologiques à la zaouïa de Tolga près de Biskra. Bouchoucha ayant atteint l’âge adulte. Il se rendra d’abord chez les Ouled sidi Cheikh avant de se rendre en Tunisie, puis  en Lybie où il rencontra les dignitaires de la confrérie des Senoussia lesquels il sollicita appui et aide matérielle et prit d’emblée une orientation plus nationaliste que religieuse. Ce héros animé de foi et de bravoure s’est farouchement opposé au régime colonial. C’était un héros qui a fait preuve d’une grande ténacité en harcelant inlassablement  l’ennemi. Je ne prends  pas la peine de faire l’apologie de  cette personne car les archives de la wilaya d’Oran laissées par le bureau arabe de Tiaret 1880-1881 sont là pour confirmer ses prouesses. Les officiers supérieurs de l’armée coloniale eux-mêmes l’avaient décrit comme étant  un homme d’une rare audace, un guerrier redoutable, un ennemi mortel pour la France. Il fallait le neutraliser et le mettre hors d’état de nuire.( Voir aussi « études sur les causes, les effets et les conséquences de l’insurrection de 1881).

L’idée d’extermination a été mise en exécution. En effet, parmi les nombreux massacres  et atrocités perpétrés par l’envahisseur français : Un souvenir qui véhicule l’épouvante  est celui des ouled sidi Cheikh qui gardaient de cruels souvenirs des brutalités et atrocités commises lors du raid des troupes du général Cavaignac qui rappellent des scènes de décapitation du moyen Age, selon les dires du colonel Beaupretre. La tuerie de l'oasis des Zibane en 1849 ou des centaines d'habitants  exécutés de sang froid par les forces combinées de l'armée française : Des gens furent éventrés, émasculés, des femmes violées. Bref, des milliers de morts parmi lesquels se trouvaient des vieillards et des enfants.  Qui de nous aurait oublié ce qui s’est vraiment passé en ce jour du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata. De braves gens qui manifestaient pacifiquement  avaient été atrocement massacrés.

Les noms de tous ces lieux où furent perpétrés des massacres horribles restent gravés dans la mémoire des Algériens.

Depuis ce temps là, le feu couvait sous la cendre.   

 La résistance  a été jalonnée de succès malgré les maigres moyens dont elle disposait. L’occupant était partout harcelé et n’a pas connu un seul moment de répit.  Des régions entières se soulevèrent jusqu’au jour où jaillit la flamme de Novembre.

 La vraie guerre dans toute sa laideur arrive chez nous en 1956. Tout a commencé par l’incendie d’un chantier d’alfa appartenant à un colon français. Les unités du 1er R.I.M et du110ème R.I.M. déjà installées à Aflou, entreprennent des investigations dans toute la région pour retrouver les auteurs de l’incendie. C’est en s’engouffrant aux portes de la « Gaada » pour ratissage que  l’armée d’occupation va connaitre désormais ses moments dramatiques  les 3, 4 et 5 octobre 1956. Ce guet-apens minutieusement préparé  avait pour code :« Chouabir » et « Khotifa ».

 

 

 Un imposant matériel de guerre  et une armada, sans pareille dans les annales militaires, furent déployés dans les environs immédiats de sidi Athamne.

 La distance par voie terrestre entre le mausolée de sidi Athmane et AFLOU est de 15 km environ.

 Les moudjahidine, retranchés dans des escarpements rocheux, repoussent avec succès les assauts d’un ennemi nombreux appuyé par l’artillerie et l’aviation.

 Le combat fut long et violent. La puissance de feu de l’ALN démoralisa l’ennemi. Les soldats français se dispersèrent dans un sauve- qui- peu général, laissant sur le terrain cadavres et matériel

Les pertes sont tellement importantes que l’administration française aura du mal à cacher sa défaite. Les hélicoptères de type « banane » furent leur apparition pour la première fois dans le djebel Aamour pour évacuer les morts et les blessés. Cette opération dure plusieurs jours. De l’aveu même d’un officier supérieur français : la bataille de « Chouabir » a coute aux forces colonialistes des centaines de morts et de blessés graves, 6O disparus et plusieurs véhicules brulés.

 

 

2

 

 

 

 

 

 

 

 L’armée française a subi une cuisante défaite qui a ébranlé l’état major. Cette première bataille eut un retentissement considérable, porté au sommet de l’actualité internationale. Elle fut même médiatisée à l’époque par le journal l’ECHO d’ALGER et par la presse d’outre mer. Suite à ces véritables échecs, l’autorité militaire française  décida en représailles de faire de la ville d’AFLOU un camp de concentration, pour l’isoler du reste de l’Algérie, instituant autour de la ville un système imposant de barbelés et de postes stratégiques. La ville entièrement bouclée, était surveillée la nuit sur tous les cotés par des troupes mécanisées. Le jour des sentinelles  surveillaient à partir des « blockhaus », des « fortins », des « guérites » etc. situés à la sortie de la route de Géryville, celles de Laghouat et de Tiaret, à proximité de l’oued Medsous, près du village nègre, etc.

 

 

 

 

 

Les soldats humiliés et pour se venger procèdent illico à des fouilles systématiques et commettent déjà les violences et les sévices les plus attentatoires  à la dignité humaine. Aucune maison n’est épargnée. Toute personne suspectée est torturée physiquement, voire éliminée.

 

 

 

 

 

 

 

Le député Pierre CLOSTERMANN, n’a-t-il pas fait un constat d’échec devant le parlement français ? Ce dernier se dit consterné par cette défaite et parla clairement et sans équivoque  de la dégradation de la situation, faisant allusion à la bataille de Khotifa où, le 3 octobre 1956, plusieurs soldats français trouvèrent la mort dans une embuscade à AFLOU.

Il mit en cause les responsables sur la déficience stratégique à l’origine de ce désastre et qui conduit à un état de siège. Le déploiement extraordinaire de troupes et de matériel fit que les rues d’AFLOU ressemblaient à celles de Bayeux lors du débarquement de Normandie

De Dien Bien Phu à AFLOU

Il rajouta par ailleurs que cette affaire aurait des répercutions sur la politique de la France. Que de tels événements conduiraient inéluctablement la France à  des défaites semblables à celle de Dien Bien Phu  (allusion à la défaite de Dien Bien Phu en date du 7 Mai 1954).

Après la victoire d’octobre 1956, les rangs de l’ALN s’étaient considérablement renforcés grâce aux armes qu’ils avaient récupérées chez l’ennemi lors des embuscades de Chouabir et Khotifa.. L’implantation de nouveaux maquis, très fortement équipés et encadrés, se généralisera dans les monts de la gaada, kef Gourou, Khneg Lekhal, Kef Ettir, Kef Mimouna, Kef sidi Bouzid, Azlak, Djellal etc.

La bataille de la Samma,  après Chouabir et Khotifa, était la plus grande offensive jamais réalisée dans l’histoire contemporaine de la guerre d’Algérie, fut celle survenue les 19 et 20 novembre 1958 à Samma, cœur de la fameuse Gaada, qui fut une véritable zone  libérée où l’ennemi n’osait jamais  pénétrer sans utiliser l’aviation. Le lendemain, un autre convoi militaire qui se rendait à sidi Bouzid  tomba dans une embuscade à ain Rouina , près de kef Gourou. Il y eut 27 morts du coté français parmi lesquels  figuraient  un capitaine, un adjudant-chef gendarme appelé BOTELLA  et quelques supplétifs.

 Un officier supérieur du 5ème bureau r, écœuré ne cessait de répéter que les « Fellaga » savourent leur victoire.   Ils ont de beaux jours devant eux. C’est un triste constat mais c’est un fait !

Enfin la lutte ne s’arrêtera pas là. Elle va désormais connaitre  une ébullition quasi-permanente jusqu’à l’année 1962.

Je voudrais rendre hommage à la mémoire de nos glorieux chouhada tombés au champ d’honneur et aux moudjahidine qui sont partis trop tôt  ou qui sont encore vivants et que j’ai l’honneur de citer dans ce mémorial. Je vous prie, pour que nos valeureux  martyrs et héros ne tombent pas dans l’oubli,  de faire partager avec vos familles ou vos amis en  leur rendant un vibrant  hommage  et une pieuse pensée accompagnée d’une longue prière.

Les enfants du djebel Aamour que le destin impitoyable leur préparait de ces sortes d’épreuves qu’il ne réservait qu’aux grandes âmes, moururent tous à la fleur de l’âge. Tous autant qu’ils sont ont donné à ce pays ce qu’il y a de plus cher : La libération du pays et de mettre fin à la souffrance et à l’humiliation qui auront duré plus d’un siècle. Ils sont tous issus d’honorables familles et parmi lesquels figuraient :

-BEDJRA M’hamed     

-CHIADI Kadda               

-HAKMI Ali

-SENOUCI Amar

 Les Moudjahidine et les Moussebeline authentiques  sont très nombreux. Ces hommes au visage net et viril, à l’allure martial dans leur tenue de combat toujours prêts  à faire face à  l’agressivité d’un ennemi vorace et redoutable. Je ne cite que quelques-uns les plus connus chez nous. Mon site web est ouvert à tous qui souhaitent se faire connaitre, qu’il soit le bienvenu.

 

 

 

 

 

 

 

BEA Cheikh

GABANI Abdelhafid

BELGHACHOUA Abdelkader

MEZENDI Maamar

BOUCETA Mechri

 ZIROUG Ahmed

CHEMSEDDINESaadi

DJOUADI Louakal

CHORFI Mokhtar

BRAHIMI Smain

                                                      L.Djelloul  AFLOU 03

 

 

 

 

 

 

 

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